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L’enfant de la rue et l’enfant

L’enfant de la rue et l’enfant
19 avril 2016, 18:52

- “Notouddou ?“ Comment tu t’appelles ? dit l’enfant
- Talibé répondit l’enfant de la rue.
- Toi et tes camarades vous avez tous le même prénom ! C’est curieux ! dit l’enfant

- Non ! répliqua l’enfant de la rue, on n’a pas tous le même prénom, je m’appelle Amadou, mais pour les gens, c’est plus simple, ils nous appellent tous Talibés.
Notre prénom n’a pas d’importance pour eux. On nous appelle quand on a besoin de nous pour un service ou pour nous donner de l’aumône. Ils n’ont pas besoin de savoir comment on s’appelle.

- C’est comme moi alors ! dit l’enfant
- Comment ça, comme toi ? ça m’étonnerait qu’on t’appelle talibé ! dit l’enfant de la rue d’un air dubitatif.
- Mais non ! Je m’appelle aussi Amadou dit l’enfant

L’enfant de la rue répondit : « Ah bon ! Je vois mieux ! »
« Amadou, Amadou… « Vient » ! Un grand gaillard de 14 ans, suivi de beaucoup d’enfants courant pieds nus avec leurs pots rouges de tomate concentré vides, arrivèrent sur ces entre faits.
Et Amadou, le talibé, l’enfant de la rue, partit en courant à leur suite ; lui aussi pieds nus avec son pot de conserve rouge vide frappant ses maigres côtes.
De loin on le voyait se chamailler avec ses compères.

« Amadou, Amadou… « Tu es où ? »
Amadou l’enfant, regarda une dernière fois la scène, le groupe d’enfant-talibés s’éloigner, avec un pincement au cœur.
« Oui », il enviait cette liberté. Ces enfants semblaient pouvoir aller et venir à leur guise, courir pieds nus… oui la liberté.
En se laissant aller à son rêve, il sentit une sensation de réel picotement au niveau des pieds comme si quelque chose le piquait :
- Bon ! Courir pieds nus, on va éviter ça peut être dangereux, mais tout le reste lui plaisait.
Il sentit quelqu’un lui tirait l’oreille « à l’école j’ai dit et arrête de rêvasser »

Amadou l’enfant, marcha vers son école, son oreille lui tirait un peu. Elle n’y va pas de main morte quand même sa mère quand elle tire l’oreille.
Tu vois, se dit Amadou l’enfant, Amadou le talibé l’enfant de la rue, n’a pas une maman sur le dos qui l’empêche de rêvasser lui. Voilà encore un avantage à être talibé.
Vagabonder au gré du vent, sans loi, manger ce qu’on veut, où l’on veut.
(Il sait que ce n’est pas tout à fait ça… concernant les repas des talibés mais l’image lui allait. En plus aujourd’hui, à l’école c’est la journée de vaccination collective, « les talibés, ils n’ont pas à subir cela, en plus les vaccins quelle plaie ! » Amadou l’enfant n’aime pas ça.

Donc Amadou l’enfant rêvait de cette vie-là sur le chemin de l’école, la vie d’un enfant-talibé, un enfant de la rue, un enfant libre, un enfant qui…
Tout à coup, au détour d’une rue, Amadou l’enfant passa devant la Dâra l’école coranique de Amadou le talibé « Quelques enfants étaient assis à même le sol, tenant leur Alloueu (tablette en bois) et récitant à haute voix. Là aussi les enfants apprenaient…. du coup c’est moins drôle, et le bâtiment dans lequel ils sont n’est pas très accueillant.
Amadou l’enfant continua son chemin et rencontra de nouveau Amadou l’enfant de la rue, le talibé. Ce dernier était toujours avec le même groupe que tout à l’heure et jouait avec un pneu abandonné.
C’est triste se dit Amadou l’enfant, ils n’ont pas de vrais jouets comme moi.

Bon finalement la vie de talibé ne faisait plus rêver Amadou l’enfant.
Ce jour-là en arrivant à l’école, le maitre d’Amadou l’enfant, leur parla des droits de l’enfant, une charte signée par tous les pays du monde.

Amadou l’enfant leva la main et demanda à son maitre :
- Monsieur !qu’en est-il de Amadou l’enfant de la rue.
- Le talibé ? Serait-il un enfant sans droit ?
- Une ombre à l’ombre des droits ?
- Un enfant de l’ombre oublié des droits ? »

Le maitre se tut un instant puis continua sa leçon.
Que répondre face à cela ? Que répondre quand un enfant nous met face à notre propre responsabilité ?
« L’adage ne dit-il pas que la vérité sort de la bouche des enfants ? »

Faisons de la vie de l’enfant talibé une vie ou les droits de l’enfant sont respectés.

Le 20 Avril journée de l’enfant talibé, la vie de l’enfant talibé est notre combat.

Je m’engage auprès des talibés et vous ?

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